Les écrans nous déforment. Les prérequis pour être une femme nous déforment. Les filtres Tik Tok nous déforment. Les passages sous le bistouri nous font rêver. La dysmorphophobie se distingue comme étant un trouble mental, tantôt une maladie, définie par le fait de ne pas se voir comme les autres nous voient. Cela parait bien banal et rentre dans le quotidien de tous. Pourtant, cette maladie, comme une gangrène de l’âme, est une attaque au cerveau, une déformation du corps et du visage par l’intermédiaire de fixettes sur des défauts inexistants ou casi-inexistant de son hôte. Pourrait-on la qualifier de parasite ?
Je me souviens, vers 13 ans, me prostrer devant mon miroir et me déshabiller, bout par bout, étape par étape. Je scrutais mon ventre puis mes cuisses, et je voyais des masses telles des montagnes informes de chair humaine se décoller de mes os. Rien n’était à sa place, tout était de trop. Cette obsession m’a suivie au travers du temps, les tableaux Pinterest de mon IPhone me proposaient des tablettes abdominales de filles de deux fois mon âge, des fesses rebondies sans cellulite de filles qui n’existent pas.
La dysmorphophobie n’a pas la décence de choisir ses victimes, elle est une voix universelle, qui s’attaque tant aux hommes qu’aux femmes, aux jeunes et aux vieux. Je m’attaque au mal que cause cette maladie mais surtout au mal causé par la société. Il n’y a pas de fumée sans feux, diton.